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Voeux 2026

mercredi 14 janvier 2026


Avec la reprise des cours, l’Ecole du Budo vous souhaite le meilleur pour cette nouvelle année 2026, que ce soit dans votre pratique d’Aikido, Iaido, Jodo, ou en dehors des tatamis !

et pour bien commencer l’année, un peu de lecture avec ce texte transmis par Joël.

Il était une fois un arbre majestueux, très vieux, dont la cime paraissait toucher le ciel. Lorsqu’il fleurissait, au printemps, des myriades de papillons de toutes les tailles, de toutes les couleurs, dansaient autour de lui. Lorsqu’il était lourdement chargé de fruits, des oiseaux innombrables venus de tous les coins du pays s’ébattaient et chantaient dans son feuillage. Ses branches, comme autant de mains, bénissaient tous ceux qui passaient ou se reposaient sous leur ombre.

Un petit garçon venait souvent jouer sous l’arbre. Et l’arbre s’éprit de lui, l’arbre frémissait d’amour pour l’enfant.
L’Amour entre ce qui est grand et ce qui est petit est possible si le grand ignore qu’il est grand. L’arbre ne se savait pas imposant ; seul l’homme se souci de ce genre de détail. Ce qui est grand s’occupe toujours et avant tout de son égo, mais aux yeux de l’amour, personne n’est important, personne n’est négligeable. L’amour embrasse tout ce qui s’approche de lui.
L’arbre aimait l’enfant qui jouait à ses pieds. Ses branches, là-haut se penchaient jusqu’à ce que le petit garçon puisse cueillir les fleurs, les fruits. L’amour est toujours prêt à s’incliner ; l’Ego n’en est jamais capable. Si vous vous approchez d’un Ego, il dressera ses branches autant que possible, il se raidira pour être hors de votre portée.
L’arbre offrait tout ce qu’il avait à l’enfant et se réjouissait lorsque le petit prenait quelques fleurs. La joie d’aimer l’emplissait. L’amour est toujours heureux lorsqu’il peut donner ; l’Ego est toujours satisfait lorsqu’il peut prendre.

Le gamin grandit. Parfois il dormait blotti contre l’arbre, parfois il mangeait des fruits ou se dressait une couronne de fleurs et se sentait le roi de la forêt. Lorsque l’amour fleurit, l’on se sent comme un roi. Les épines de l’Ego par contre, font de nous des indigents, des misérables. En voyant l’enfant couronné de fleurs danser autour de son tronc, l’arbre était ravi. Il acquiesçait et chantonnait tendrement. Le garçon apprit à grimper dans l’arbre. Il se balançait aux branches et s’asseyait à califourchon. L’arbre était heureux. L’amour est heureux de dispenser confort et bien-être. L’Ego n’est satisfait que lorsqu’il suscite l’inconfort, le malaise.

Le temps passait et l’enfant devenu adolescent se tourna vers d’autres occupations. Il devenait ambitieux. Il discutait longuement avec ses nouveaux compagnons plutôt que d’aller voir son vieil ami l’arbre. L’arbre attendait. Son âme appelait : « Viens ! Je t’attends ! ». L’amour attend jour et nuit. L’amour est triste lorsqu’il ne peut partager, il est malheureux lorsqu’il ne peut donner.
L’amour est plein de gratitude lorsqu’il peut partager. Et son bonheur est au zénith lorsqu’il peut se donner, s’abandonner totalement.
Le jeune homme ne venait plus que très rarement près de l’arbre. L’être qui devient grand, dont l’ambition est importante, a de moins en moins de temps à consacrer à l’amour. Le jeune homme était tout accaparé par des choses mondaines.

Un jour il arriva. L’arbre lui dit : » Je t’attendais, je t’attends tous les jours ! »
Le jeune homme répondit : » Qu’as-tu à me donner ? Pourquoi irais-je te trouver ? As-tu de l’argent ? Il m’en faut ». L’Ego est toujours motivé. Il ne bouge que lorsqu’il y a un intérêt à la clef, un but. L’amour est sans raison. L’amour est sa propre récompense.
L’arbre sursauta : » Tu ne viendras que si je te donne quelque chose ? ». La rétention, l’avarice n’est pas de l’amour. L’Ego amasse, l’amour donne inconditionnellement. « Nous n’avons pas ce genre de maladie, dit l’arbre, et vois comme nous sommes joyeux. Nous nous couvrons de fleurs et de fruits. Nous dispensons une ombre bienfaisante. Nous dansons dans le vent, nous sommes plein de mélodie. Les oiseaux sautillent dans notre feuillage et pépient sans avoir reçu le moindre argent pour cela. Le jour où nous serons contaminés par l’argent comme les pauvres hommes, il faudra que nous aussi, nous allions au temple pour essayer pour trouver un peu de paix, un peu d’amour. Non, vraiment, l’argent ne nous intéresse pas ».
« Dans ce cas, dit le jeune homme, je n’ai aucune raison de venir te voir. Moi, j’ai besoin d’argent et j’irai là où je puis l’obtenir ».
L’Ego veut de l’argent parce qu’il aspire à la puissance.
L’arbre réfléchit : » Ne cherche plus, écoute-moi. Prends mes fruits et vends-les. Ainsi, tu auras de l’argent ».
Le jeune homme se dérida. Il se mit à l’ouvrage et dépouilla l’arbre de tous ses fruits, il arracha même ceux qui n’étaient pas murs. L’arbre était heureux et ne prêtait aucune attention à ses branches cassées. Même lorsqu’il est meurtri, l’amour est heureux. L’Ego n’est pas heureux, même lorsqu’il obtient ce qu’il voulait. L’Ego est insatiable.
L’arbre ne remarqua même pas que le jeune homme était parti sans remerciement. Il s’était senti comblé lorsque son jeune ami avait accepté l’offrande de ses fruits.

Le jeune homme oublia l’arbre. Il avait de l’argent et était fort occupé à le faire fructifier. L’arbre lui était totalement sorti de l’esprit. Les années passèrent. L’arbre était triste. Il avait de la peine comme la femme dont les seins sont gonflés de lait mais dont l’enfant est mort. Tout son être appelle et cherche celui qui la soulagera. L’arbre pleurait et appelait. Tout son être souffrait.
Un jour, l’infidèle revint. Il était adulte à présent. « Viens mon garçon, viens m’embrasser ! », s’écria l’arbre
« Pas de sensiblerie, s’il te plaît, dit l’homme. Je ne suis plus un enfant ». Pour l’Ego, l’amour est de la folie ou, mieux, quelque chose de ridicule et de puéril.
L’arbre insistait : » Viens, balance-toi à mes branches, viens danser, viens jouer avec moi ».
« Cesse de radoter ! Fit l’homme. Je veux construire une maison. Peux-tu me donner une maison ? ».
« Hélas ! S’écria l’arbre, je n’ai pas de maison ». L’homme est le seul être à vivre dans une maison. Le seul. Et voyez ce qui lui arrive lorsqu’il est enfermé entre quatre murs. Plus ses constructions sont grandes, plus il devient petit.
« Je n’ai pas de maison à te donner, mais tu peux couper mes branches, elles te serviront de matériau pour ta maison ».
Sans perdre une seconde, l’homme courut chercher une hache et s’attaqua à l’arbre. Il coupa tout, ne laissant que le tronc. L’amour ne s’offusque pas, même lorsqu’il est blessé, si cela fait plaisir au bien aimé. L’amour donne. Il est toujours disposé à donner.
L’homme quitta le tronc sans lui accorder un regard. Il construisit une maison et les années passèrent.

Le tronc attendit, attendit. Il ne pouvait plus appeler, sans branches et sans feuilles, il n’avait plus de voix. La brise n’éveillait plus le moindre murmure en lui. Mais son âme priait toujours : « Viens, viens ! » Mais personne ne venait.
L’homme se faisait vieux. Un jour, il passa par là et s’arrêta.
« Je t’attend depuis si longtemps, murmura le tronc. Puis-je faire quelque chose pour toi ? »
« Que pourrais-tu faire ? Dit l’homme. Je veux partir à l’étranger pour y faire du commerce. Il me faut un bateau ».
Oh ! Ce n’est pas un problème, dit le tronc tout joyeux. Coupe ce tronc et fais-en un bateau. Je serai ravi de t’aider à partir. Mais n’oublies pas que je t’attendrai. J’attendrai ton retour ».
L’homme apporta une scie et coupa l’arbre. Il fabriqua un bateau et partit.

L’arbre n’était plus qu’une souche. Il attendit le retour de l’être aimé. Mais il attendit en vain. L’Ego ne retourne pas là où il n’y a plus rien à prendre. L’arbre n’avait plus rien à offrir. L’Ego ne va que là où il y a quelque chose à gagner. L’Ego est un mendiant perpétuel, il est sans cesse en état de demande. L’amour est généreux. L’amour est un roi, un empereur. Aucun monarque ne peut égaler sa magnanimité.
L’autre soir je me reposais près de ce qui reste de cet arbre. Une petite voix disait : « Mon ami n’est pas encore de retour. Je suis inquiet, peut-être a-t-il fait naufrage. Ou bien s’est-il perdu dans un pays lointain. Peut-être n’est-il plus en vie... J’aimerais tant savoir comment il va ! Mes jours sont comptés, je serais apaisé si je recevais encore quelques nouvelles de lui. Je mourrais content. Mais je crains qu’il ne vienne plus, même si je pouvais l’appeler. Je n’ai plus rien à lui offrir et il sait uniquement prendre... ».
L’Ego ne connaît qu’une seule chose ; prendre. L’Amour donne.


Et pour finir ce texte et bien commencer 2026 et les cinquante prochaines années ! Voici la règle 40 qui finit le livre « soufi mon amour » de Elif Shafak :
« Une vie sans Amour ne compte pas. Ne vous demandez pas quel genre d’amour vous devriez rechercher, spirituel ou matériel, divin ou terrestre, oriental ou occidental… Les divisions ne conduisent qu’à plus de divisions. L’amour n’a pas d’étiquettes, pas de définitions. Il est ce qu’il est, pur et simple.
L’amour est l’eau de la vie. Et un être aimé est une âme de feu !
L’univers tourne différemment quand le feu aime l’eau ».


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